samedi 4 avril 2009

AVRIL



« Chère imagination, ce que j’aime en toi est que tu ne pardonnes pas ».
A.Breton


Une crise, c’est la possibilité de découvrir le mensonge qui l’a générée. Vrai, il n’est jamais facile d’écouter le mensonge qui nous tient, nous soutient. Nous avons crée un monde dont l’ambition est si pauvre, si inhumaine, que cette heure de crise n’est peut-être pas la plus malvenue… La question ou une des questions plus exactement, est de savoir si la suite va redéfinir notre humanité ou si comme beaucoup hélas l’espèrent, nous allons repartir de plus belle vers ce même avenir destructeur. Pour ceux qui veulent comprendre les mensonges qui nous ont conduit à devenir esclaves de notre existence, vient de paraître un livre qui en retrace une part du chemin. Il s’appelle « Prélude à la délivrance » (en vente ici ou à la librairie Floury) de Yannick Haenel et François Meyronnis.


Bonne lecture.

samedi 7 mars 2009

MARS 2009

Quand nous avons ouvert Bois & Charbon notre idée était de défendre un art de vivre, une façon d’être au temps qui considérait la parole comme l’instrument privilégié du vivant. Pour cela, il fallait l’allier d’un joli lieu et d’agapes subtiles qui flatteraient sa poétique(on ne parle pas bien quand le vin est mauvais, ou la nourriture indigeste).
Notre devoir et toujours devoir est de servir à ceux qui viennent ici des atours renforçant leur joie d’être en compagnie, d’accompagner leur amitié ou amour de saveurs et de fluides dignes de leur présence.
C’est dans cet esprit que, face à une actualité économique qui empêcherait à certains de passer notre seuil, nous avons décidé que du lundi au jeudi soir, nous proposerions un plat unique à 12€ ainsi que du vin à 6€ la fillette.

A Bientôt

S. Braun.

dimanche 2 novembre 2008

Novembre 2008

« Tant va la croyance à la vie, à ce que la vie a de plus précaire, la vie réelle s’entend, qu’à la fin cette croyance se perd… »
A. Breton in manifeste du surréalisme.

Bien devin serait celui qui saurait la suite des événements et comment le poison distillé aux quatre coins du monde va se propager. Ce n’est pas pour autant que nous devions nous plonger dans des livres économiques qui vont, à n’en pas douter, fleurir bon les années à venir. L’ennemi n’est jamais là où on l’attend… Je relisais récemment un entretien d’un écrivain sur la littérature érotique (je mettrais cet entretien sur le blog de bois et charbon) et à travers elle comment ce qui se passe aujourd’hui peut faire sens. Il ne s’agit ni plus ni moins que de trouver un accès lisible à notre existence et de saisir les mécanismes qui nous en auront éloigné cependant que nous vivions…
J’imagine que nombre d’entre nous rêvons d’une révolution, que cessent ces massacres et autres tueries sans nom qui portent hélas notre bannière mais qu’en serait-il si nous nous épargnions l’analyse qui les aura rendu possible? Si nous n’entendons pas qu’une partie de nous-même a désiré cela, a adhéré à ces choix?
La guerre à mener n’est pas juste de se révolter mais de s’immiscer à l’intérieur des structures de notre pensée qui ont fomenté la possibilité qu’un tel monde existe.
Je dis "monde" mais cela n'existe pas, il n'y a pas plus de monde que de nature humaine. C'est ce qu'aimer veut dire.
CQFD
Bien à vous
Sébastien Braun
blog : http://boisetcharbontoulouse.blogspot.com/

mardi 21 octobre 2008

auf einmal einzunhemen banquet d’une fois d’un instant de toutes les fois rue de l’agent Bailly au 5 bis fond de la cour la porte ouvre sur une cour décorée pour l’occasion d’affiches table dressée pour une vingtaine de convives ivresse d’un côte de Beaune déclassé de 1973 les voisins qui nous jettent de l’eau pour mettre un terme aux agapes rien n’y fera la fête est trop belle les amis descendent du toit avec le champagne la vie est prometteuse douce comme cette nuit d’été putain que c’est loin aujourd’hui mais vite regarder la phrase de Seingalt qui surplombe la cheminée « la tristesse me tue » oui oui doucement maintenant cœur voix de cœur accroche toi une dernière fois

jeudi 16 octobre 2008

Octobre 2008
Bois et Charbon 7ème année
Le rêve d’une terrasse…

Bonjour.
Revenir, dire encore, avoir cette joie du retour, du temps qui se prolonge, être heureux de recommencer…
Je crois qu’il nous aura fallu quelques années pour nous habituer à cette nouvelle réalité, celle d’une époque qui ne ferait rien pour nous, qui politiquement n’aurait plus d’envergure, qui même accomplirait nombre d’actes en désaccord profond avec notre conscience…En somme il nous faudrait petit à petit réinventer notre vie loin des idées dont notre enfance fût chargée.
Le temps de notre vie ne pouvant se passer du côté de l’attente, nous réapprenons d’autres gestes, d’autres désirs, d’autres intentions qui rendent moins cruel notre quotidien.
C’est le début, encore que le début.
Beaucoup encore souffrent d’une vie désertée par les nobles combats d‘hier, cherchent encore un ou une qui plierait notre société à la mesure de nos désirs…
Je crois qu’ici nous avons décidé de tenter une aventure autrement, pariant sur l’intention et sur quelques croyances qui nous identifient.
Nous sommes heureux de vous revoir.
Bien vôtre
Sébastien Braun

mardi 7 octobre 2008

OCTOBRE 2008
Encore
Je ne connais qu’une seule heure supportable. Glissée entre les pans d’une mémoire infinie, crevant l’accès interdit d’un corps allé d’une âme , révélant au bord de la pupille ce trait incandescent d’où le songe est venu.
Je suis et je ne suis pas, chaque instant de ma pensée est un défi à la négation dont je suis issu. Qu’il me suffise de croire que je sais pour perdre incontinent la vérité de mes détours.
Ma joie est toujours venue d’une inventée, du croisement entre mon attente et de ce qui la surprenait, chassant le doute par cette irruption de l’émotion du vivant.
Ce fut tel jour la voix de Springsteen sur la route menant à Cadaquès, la jeune fille des beaux arts de Berlin passant toute de noir vétue sur le port de Naxos, la cubaine flamboyante de madrid, la chambre royale sise face au château de Saumur, le sexe qui bat la chamade par le bleu aurifère du crépuscule, etc…
J’aime ce qui refuse à l’ennemi sa proposition .
Il y a une émotion plus forte que le savoir sinon ça n’aurait pas marché…
« Le style c’est l’émotion »
A bientôt
Sébastien Braun

VOCE part 2


Et ce pauvre occident amorçait sa chute lentement docilement il aimait à le croire souvenir de la lettre de Sade aux républicains encore un effort si vous voulez être tu parles la langue s’était divisée en deux l’une continuait sa croisade du falloir vouloir mouroir en fait tandis que l’autre secrète ruminait avalait gémissait à l’ombre des divans en fleurs croisade d’un sens ancien parmi l’hécatombe des chimères je tu il passés au crible d’un ne pas chevillé au corps désincarné de toute une tuerie pire qu’impie impossible à figurer peindre écrire si c’est un homme ah si c’est un homme n’ayez contre lui le cœur endurci car si pitié de lui dieu oui dieu en aura-t-il encore assez de vous je ya no soy no se quelle voix se dissimule au fin fond de votre lever coucher relever sempiternelle roue enrouée sur le rouet filant vos yeux pas vos yeux l’œil est la matrice il n’y a pas de différence entre votre œil et le con d’une femme l’œil pinéal confondu à sa chair ouverte origine du monde maintes et maintes fois exposée comme furieusement niée dégoûtée endoctrinée par les partisans de l’autre trou funeste dit de la vierge ou plus exactement criant maman sort de là ciel bleu ce matin début du cirque chemin de l’école quelques rires beaucoup de bruit elle avait treize ans venait chaque semaine chez moi rattraper ces devoirs s’enferma quelques minutes dans la salle de bain en ressortit nue les deux mains ouvertes l’ait pris dans mes bras doucement ne pas ne pas mais quel miracle ô dame madame vous avez changé mon regard sur les choses à tout jamais chemin de l’école traversée des vignes jeu du gendarme et du voleur au pied des collines qui dominent la baie autrefois la méhari qui à la tombée de la nuit me ramène à la bastide route des roseaux et du chant des grillons la nuit exposée comme une fille relève sa robe l’odeur de l’écume passe et repasse sur ma tête nue d’enfant je lis et j’écoute cet envoûtement céleste entre Cogolin et Grimaud ma première épiphanie début d’une traversée ça ne sans saigne pas disait l’ami et c’est assez drôle finalement ce voyage parallèle ni de face ni de côté plutôt en effleurement en esquive dans l’arène jeux de passes de véroniques la muleta sert de point de visée l’horizon se murmure après tout il n’est toujours pas sûr que nous soyons nés ou si peu souvent j’aime à croire comme je l’aime que si Lol est devenue silencieuse dans la vie c’est faute d’un mot j’aurais dit d’un verbe césure impossible de la volonté du désir du corps comme autant de fois où elle se met à répéter je veux mourir je veux mourir seuil d’un rêve impossible à habiter ça ne démarre pas ce matin et à chaque fois les mots qui ouvrent le manifeste tant va la croyance à la vie à ce que la vie a de plus précaire qu’à la fin elle se perd et pourtant auf einmal einzunhemen